lundi 3 avril 2017

Vers une transition réussie ?

Sortir de prison ... vers une transition réussie?  Tel était le thème de la journée de réflexion organisée ce vendredi 31 mars, par la Concertation des Associations Actives en Prison dont fait partie Aide et Reclassement.  Au programme de cette journée, la présentation d'un rapport concluant un cycle de réflexion de deux années,  autour de deux axes principaux : les dispositifs existants en matière de insertion et le projet de "maisons de transition" comme élément complémentaire à ces dispositifs (*). Un large panel de participants avait répondu à l'appel de la CAAP qui, rappelons le, regroupe une cinquantaine d'associations actives en prison. Introduite par la présidente, Jacqueline Rousseau et par le Ministre de tutelle, Rachid Madrane, la matinée comportait une présentation du rapport par ses auteures Mélanie Bertrand et Séverine Clinaz, les deux chargées de mission de la CAAP.  Venaient ensuite deux focus thématiques en plénière :
- le droit à un logement pour remettre la personne dans un projet, par Marie-Claude Chainaye.
- le justiciable, un SDF, un toxicomane, un sans-emploi comme un autre par Jacques Moriau.
Ponctuée par les témoignages vidéo de personnes (ayant été ou toujours) incarcérées, ces interventions se prolongèrent en un débat nourri.

L'après-midi était organisée en une demi-douzaine de tables rondes couvrant la double thématique du rapport.  Quatre tables-rondes se proposaient d'approfondir des thématiques en rapport avec la 1° partie "sortie de prison" : l'accès au logement des sortants de prison; la continuité des soins; le projet de (ré)insertion individualisé; les relations familiales et affectives.  Deux autres se penchaient sur différents aspects du projet de maisons de transition.
Nous nous intéresserons ici plus spécialement à la table ronde 3, intitulée : "Quelle place pour l'élaboration d'un projet d'insertion individualisé adapté au profil de la personne sortant de prison ?"

Plusieurs projets innovants en cours y étaient présentés : AMONT-AVAL du SASJ Liège 1 à Lantin;
TREMPLIN POUR L'INSERTION  développé depuis dix ans par AIDE ET RECLASSEMENT à Andenne, Huy et Marneffe; REINSERT extra muros, mis en place par l'Enseignement de Promotion Sociale dans toute la partie francophone.  S'y ajoutait un projet en cours d'élaboration et toujours à la recherche d'un soutien, le projet DELTA, porté par les ASBL ADEPPI ET APRES.


Notre coordinateur a rappelé le contexte et les principales hypothèses de travail adoptées par le projet Tremplin pour l'insertion  mené avec le soutien du Fonds social européen avant de développer deux de ses spécificités : la guidance d'insertion et les suivis psychologiques ambulatoires qui précédant la libération.


L'objectif général du projet est l'optimisation de l'offre de services aux personnes incarcérées, pendant  la phase préparatoire à la libération et durant les premiers mois qui suivent le retour en liberté, de manière à réduire les risques de sans-abrisme et à renforcer les chances d'accès  aux stades ultérieurs du parcours d'insertion.

La Guidance sociale d'insertion des stagiaires des formations (pré)-qualifiantes pendant et après la formation.
L'accueil social des candidats aux formations de remise à niveau, alphabétisation et français langue étrangère est mis à profit pour un diagnostic de leur situation sociale, reprenant les points cruciaux dans la perspective de la préparation d'une sortie de prison. Pour les candidats qui n’ont pas déjà été en contact avec nos services, cette accueil social inclut un travail sur la motivation, l'ébauche du projet personnel de gestion du temps de détention, les démarches en vue de la régularisation de la situation administrative et, s’il y a lieu, de l'inscription comme demandeur d'emploi. Ce travail est effectué en concertation avec la responsable pédagogique.

Un accompagnement social individuel des stagiaires inscrits dans les filières pré-qualifiantes, est assuré dans trois établissements.  Au CPE Marneffe, il est étendu aux filières de soutien à la formation professionnelle et d'aide à la réinsertion. Pendant la durée de formation, la guidance inclut : des entretiens individuels réguliers, la  gestion sociale des problèmes émergeant durant la formation et susceptibles d'interférer avec le déroulement de celle-ci, un travail individuel sur les compétences sociales et la responsabilisation.  La position de l’agent de guidance est d’accompagner la personne dans l’élaboration de son propre projet et de l’inciter à effectuer elle-même, ses démarches. Ce travail se fait en concertation avec les formateurs. Le fil conducteur est la gestion active du temps de détention et l’élaboration progressive des éléments du plan de reclassement. 

Le suivi social des stagiaires qui arrive au bout du module de cours se prolonge, durant une période post-formation de 3 mois minimum. Cette phase d'intervention vise la consolidation des acquis pour le plan de reclassement, l'accompagnement dans les démarches en vue de la finalisation et de la présentation de celui-ci devant les instances compétentes, et, le cas échéant, l'accompagnement de la transition vers les formations qualifiantes ou l’insertion socioprofessionnelle.  Elle peut, en fonction des besoins, être prolongée pour une période maximale de 6 mois.
 
Ajoutons pour conclure, qu'un accent particulier a été mis, pour la nouvelle programmation (2014-2020), sur l'articulation entre les actions en prison et hors prison.
Il s'agit, d'une part, de favoriser l'amorce d'une prise en charge psychologique ou sociale ambulatoire, dès la phase de préparation de la sortie, en particulier, lors de permissions de sortie, de congés pénitentiaires ou d'une mise sous surveillance électronique.  Dans une trentaine de cas, un suivi ambulatoire psychologique peut ainsi être amorcé dès cette phase préparatoire à la libération.  
Il s'agit, d'autre part, de développer les synergies inter services, en vue d'un accompagnement plus soutenu, durant les premiers mois suivant la sortie de prison. 

Nous reviendrons prochainement sur le rôle des suivis psychologiques dans le cadre de nos actions.

 (*) Sortir de prison... Vers une transition réussie?  Des dispositifs existants en matière de (ré)insertion à l'hypothèse des maisons de transition. Rapport disponible sur le site www.caap.be









vendredi 27 novembre 2015

Trois expositions au Centre Culturel de l’Arrondissement de Huy du 14 au 20 novembre



L’exposition Miroir de l’âme

L’ASBL Aide et Reclassement  accueillait, à l’occasion de son 35° anniversaire, l’exposition itinérante de la biennale d’œuvre de détenus, organisée avec le soutien  de la Fédération Wallonie-Bruxelles.  Fruit d’un partenariat entre les Services d’aide aux détenus de la Communauté française, cette  exposition a rassemblé plus de 150 oeuvres provenant de 12 prisons différentes parmi lesquelles Andenne, Huy et Marneffe.

La Biennale des oeuvres de détenus. Durant l'année 2014, le Service d'Aide aux Détenus de Neufchâteau, soutenu par la Fédération Wallonie Bruxelles a réuni l'ensemble des coordinateurs socioculturels des prisons, autour d’un projet d'exposition itinérante d'oeuvres de détenus. Au sein des différentes prisons, les coordinateurs socioculturels ont soutenu et développé des espaces de création pour les personnes incarcérées. Certains établissements pénitentiaires ont bénéficié de l'organisation d'atelier collectif (ce fut le cas à Huy et Marneffe), tandis que d'autres ont soutenu les processus de création de certains détenus, en leur permettant de créer en cellule. A Huy et Marneffe, ces activités ont été réalisées dans le cadre des actions d'éducation permanente d'Aide et Reclassement.

Une fois l'ensemble des oeuvres réalisées, le service d'aide aux détenus de Neufchâteau a conceptualisé et monté la biennale 2014 dont l’inauguration s’est tenue à Saint Hubert. "Miroir de l'Âme" rassemble des créations artistiques de différentes techniques telles que : le dessin, l'aquarelle, la poésie ou la sculpture. Les artistes à l'origine de cette exposition sont ou ont été  incarcérés dans une des prisons francophones du pays. L'édition 2014 rassemble plus de 150 oeuvres provenant de 12 prisons différentes. Il s'agit des prisons de Lantin, Saint-Hubert, Marche, Ittre, Nivelles, Namur, Andenne, Mons, Dinant, Huy, Marneffe et Tournai. L’exposition se déplace aux quatre coins de la Fédération Wallonie- Bruxelles, afin d'aller à la rencontre d'un maximum de personnes. Après Saint-Hubert et Liège, et avant Tournai, elle a été organisée à Huy, du 14 au 20 novembre, par  l’ASBL Aide et Reclassement, à l’occasion de son 35° anniversaire.  Le choix de ce calendrier a été dicté par la volonté d’inscrire l’initiative dans le cadre des journées nationales de la prison.


Deux autres événements ont complété le dispositif de l'exposition.

L’expression et la créativité  au service de victimes de violences.


Grâce la collaboration entre l’ASBL Soutien Aux Victimes d’Infraction et le Service d'aide aux victimes de l'ASBL Aide et Reclassement, des ateliers d'expression artistique et de créativité ont été organisés au profit d'un public de femmes victimes de violences, avec le  soutien de la Wallonie. (voir le blog soutien aux victimes d'infractions)
L’exposition permettait de découvrir différentes facettes des ateliers mis en place depuis un an, au travers de reportages photos, de réalisations et de témoignages des  participantes.

La santé en milieu carcéral

De son côté, l’ASBL Service Education pour la Santé proposait une exposition des toiles de Madame Carine Leroi sur le thème de la prison, à l’occasion de son 30° anniversaire,  Toiles, photos et témoignages de détenus se mêlent pour illustrer l’univers carcéral et le travail accompli par cette association.

Quant à l'exposition Miroir de l'Âme, elle poursuit son périple et est attendue à Tournai, du 4 au 9 décembre au Centre Julien Wlomainck